Exhibition

Sylvie Auvray

12 May 2016 – 11 Jun 2016

Galerie Laurent Godin

Paris
Île-de-France, France

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L’important c’est de bien placer la bougie

About

De tout l’attirail technique qui encombre la production céramique, il n’y a que le four à la porte duquel je reste timide.
Ne seront convoquées ni les puissances du dedans, ni les histoires héroïques des ancêtres cavernicoles qui, walldrawings aidant et quelques pots disposés autour –les plus californiens les avaient garnis de fleurs sauvages–, savaient transformer la grotte en home.

Alors Auvray de retour d’une retraite texane aligne la cargaison récente de ses aliens peinturlurés comme des Vallauris au pire temps de l’alliance des verts gouttant sur des rouges sang. Elle risque le spray sur la faïence, la porcelaine qui s’entoure de je ne sais quoi de contradictoire à la doxa potière.
La céramique est un art de brute, de mec petit taureau picasso torse nu qui met l’atelier madoura en péril, furieux qu’il est de se mesurer au feu et à la terre et aux engobes...

Aux brutes épaisses viennent les brutes slim contournées gaulées délivrant des petites sculptures1 étrangement familières, dont on a envie tout de suite –il y a une place chez tout le monde pour elles. Dimensions infrahumaines à la hauteur d’une tête, elles pensent, en ordre de bataille, à défier les cadors de la céramique monumentale, à juste titre quand les mains sont la mesure des formes. Une main de masseur...

Ces « objets difficiles2 » – dialectique attraction/répulsion ; cauchemar chamanique/ rationalité plouc – ont le mérite de leur ambivalence et donc la faiblesse de leur non-site, qu’ils ont d’être partout à la fois : la joaillerie (la bague pointue pour les combats de rue) ; l’objet de culte satanique (les clous plantés sur le pourtour) ; la sculpture de socle (capot pas capot de verre ?) ; le bestiaire familier (pet sculpture, comme objet transitionnel) ; le totem protecteur (plante grimpante ou plante grasse de pot) ; le masque multiplié (grotesques et portraits) ; têtes à claque (l’anthropomorphisme généralisé mais pas flatteur) ; pieds mâchés (six-pack)...

La peinture qui suit –canevas taille humaine, l’envergure donne la clé– s’est construite comme l’argile pétrie recuite additionnée de couleurs. Elle suit la cuisson, s’autorise des écarts stylistiques et des formats appropriés. Peinture de brute aussi, hétéroclite au risque de se perdre dans les allées confortables de l’outsider –la (mal)chance est que la revisite permanente des impasses magnifiques ne laisse plus personne sur la carreau3.
La peinture prime ? Je ne choisis pas, chez Auvray, je prends tout. La question est de tourner çà en séquences d’expositions.

Frank Gautherot
Le Consortium, Dijon

Née en 1974, Sylvie Auvray est diplomée de l’École Supérieure des Beaux Arts Montpellier en 1993 et de la City & Guilds London Art School en 1996. Elle vient de terminer une résidence d’artiste à la Chinati Foundation, Marfa, Texas. Elle a récemment exposé au MAMCO, Genève ; FRAC Champagne Ardenne ; Consortium, Dijon ; Dairy Art Center, Londres ; Musée d’art moderne Grand-duc Jean, Luxembourg ; Centre Pompidou, Paris ; Centre d’art contemporain Circuit, Lausanne ; Palais de Tokyo, Paris. 

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